Manifeste pour la fin des clichés texans

« Le Texas, c’est beaucoup plus qu’une gang de Rednecks. » C’est en ces mots que l’autrice-compositrice-interprète Émilie Clepper présente le patelin de son père. Elle qui a de tout temps séparé sa vie entre le Québec et le Lone Star State souhaite qu’on délaisse les idées préconçues envers le Texas afin d’admirer toute la beauté de la terre de son enfance.

« C’est sûr que ces clichés-là ne sont pas nés du néant. Le racisme, le pétrole, les fusils, toutes ces choses-là qu’on associe souvent au Texas, ça existe, comme au Québec », présente la chanteuse, qui passe la plupart de ses hivers au Texas, loin du froid québécois.

« Mais il n’y a vraiment pas que ça et j’ai l’impression qu’il y a le contraire de cette culture-là qui est en train de prendre de plus en plus de place », affirme-t-elle.

Là-bas, c’est tout l’inverse qu’elle recherche; le Southern Hospitality, l’aspect décontracté, la chaleur et la simplicité de la vie.

Elle se reconnaît dans Austin, la capitale, avec sa communauté artistique florissante et ses nombreux supermarchés avec de la nourriture locale, bio, « et très très accessible », mais aussi dans les campagnes texanes avec l’odeur du mesquite brûlé, où « le ciel semble plus grand » en raison de la faible hauteur de la végétation.

« Je trouve ça dommage qu’on ne voit que la fermeture d’esprit ou le cliché conservateur. Parce qu’il y a vraiment place pour autre chose. » – Émilie Clepper

« En faisant des ponts avec ailleurs, c’est comme ça que l’on combat le racisme et la fermeture d’esprit. C’est pas en coupant quelque chose et en disant; bon, cet endroit c’est un endroit de conservateurs, j’irai jamais », lance la chanteuse.

De père en fille

Le Texas est au coeur de l’héritage musical d’Émilie Clepper. Très jeune, son père l’initie à la culture et à la tradition des paroliers texans comme Guy Clark ou Ray Wylie Hubbard, aux chansons autour du feu et aux fameux honky tonk du Texas.

« Il y a vraiment une culture de l’auteur-compositeur-troubadour qu’on voit même dans des vieux films westerns, avec le fameux cowboy avec sa guitare ou son harmonica », explique-t-elle.

Séparant déjà son temps entre le Québec et le Texas, elle y donne son premier concert à l’âge de 13 ans.

« C’était à San Antonio, sur le toit d’un commerce. Les amis de mon père, qui sont aussi des musiciens, m’encourageaient beaucoup. Je trouve ça beau, une communauté artistique qui se tient dans ce sens-là, qui fait pas seulement de la musique pour faire carrière, mais qui fait de la musique par passion, par partage, par moyen de communication », confie-t-elle en souriant.

«Je pense que le fait d’avoir décidé de poursuivre dans la musique, d’avoir eu assez confiance en moi pour poursuivre cette voie, c’est [en raison du] soutien que j’ai eu de la communauté artistique là-bas», ajoute-t-elle.

Puis, une fois l’été venu, l’appel du Nord se fait sentir. C’est la « grande migration », le retour au Québec à l’aube du printemps. Une image qu’elle a voulu matérialiser dans son dernier album du même nom.

«Je suis née dans ce contexte-là. Mon fils aussi d’ailleurs, on verra comment il va le vivre, mais puisque ces deux endroits-là font partie de moi, c’est comme s’il faut toujours que j’aille chercher l’autre côté pour rééquilibrer la balance », décrit-elle. 

Mais la chanteuse persiste et signe, pour vivre le Texas tel qu’elle le connaît, il faut savoir s’ouvrir aux autres et retirer ses oeillères.

« Certains de ces Rednecks-là ont, des fois, quelque chose de magnifique aussi. J’ai rencontré des gens avec qui j’avais des idées politiques contraires, avec qui j’ai tissé des grands liens d’amitié. J’ai l’impression qu’on a beaucoup appris les uns des autres », présente-t-elle.



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